Recherches collaboratives : problèmes éthiques, institutionnels et méthodologiques

Journée doctorale 2Cr2D – 5 novembre 2019 – Hep Vaud

 

Organisateur/rice-s : Jacques MÉARD (HEP VAUD – U. NICE SOPHIA ANTIPOLIS)

Intervenant-e-s : Jérôme GUÉRIN (U. BRETAGNE OCCIDENTALE)

 

Bilan : une douzaine de doctorants, de pré et post doctorants, issus de quatre cantons romands ont participé à cette formation doctorale sur les formes de collaboration avec les acteurs de terrain et leurs conséquences sur la recherche. La journée s’est déroulée dans d’excellentes conditions d’accueil et de fonctionnement.

Le but de la formation n’était pas de présenter une réflexion de plus, initiée par des interventions magistrales de spécialistes, sur un sujet devenu « à la mode », maintes fois abordé en colloques, séminaires et autres formations, mais de conduire la réflexion dans le sens de l’opérationnalisation. Autrement dit, il s’agissait de clore la journée par la mise à disposition d’un outil fonctionnel à disposition des doctorants, futurs doctorants et chercheurs en général relatif à « l’ensemble des questions à se poser » avant, pendant et après une étude, à propos des modes collaboratifs au cours de recherches dans le contexte de l’enseignement et de la formation. Les participants à la journée ont semblé adhérer à cette perspective en s’impliquant de façon importante dans les débats, commentaires et travaux pratiques proposés. Ainsi, on peut dire que l’outil produit en fin de journée est l’aboutissement d’un travail collectif.

Conformément à la logique de la journée, la matinée a débuté avec l’exposé (Océane Drouet, Fernando Morales Villabona et Xavier Lopez) de trois travaux ayant impliqué des formes de collaboration différentes avec des enseignants et des élèves, introduisant des contraintes spécifiques et ayant des conséquences diverses. Les exposés et débats ont été suivis d’une conférence du Professeur Jérôme Guérin, membre du CREAD et doyen de l’UER des sciences du Sport et de l’éducation de l’Université de Bretagne Occidentale. Cette intervention a permis de théoriser la question de la collaboration des personnels professionnels (enseignants et autres) et des élèves aux recherches en enseignement et formation.

Une première version d’un outil rassemblant les « questions à se poser à propos de la collaboration avec les acteurs de terrain » a été proposé aux participants à la formation doctorale afin de le faire fonctionner à propos de leur propre étude en cours. Un travail pratique par deux ou trois a donc été mis en place. Une dernière mise en commun a permis de reformuler plusieurs questions de la version 1 de cet outil, d’en ajouter plusieurs autres, d’en éliminer certaines, bref d’en construire une version 2.

Notons que cet outil est finalement propre au groupe qui a participé à cette formation doctorale et comme tout outil, il mérite des adaptations et des affinements. De plus, son but n’est pas de désigner des « mauvaises formes de collaboration/bonnes formes de collaboration », celles-ci dépendant du contexte et de l’objet de recherche, mais plutôt d’offrir des ressources pour s’autoévaluer, pour anticiper les problèmes épistémiques et méthodologiques éventuels et éviter les démarches éthiquement discutables.

Voici cette version 2 :

COLLABORER AVEC DES PARTICIPANTS LORS D’UNE RECHERCHE

QUESTIONS A SE POSER

AVANT

  • Quelles autorisations demander ?
  • Comment préciser l’ampleur de la tâche à venir (pour les participants)
  • Qui prend l’initiative de l’étude ? (Chercheur ? Direction établisst ? Etat ? Professionnels ?)
  • Dès lors, le sujet est-il présenté (comment ?) ? OU Discuté ? OU Négocié ? OU Conçu avec les participants ? 
  • Quels bénéfices les participants vont-ils retirer de la recherche ?
    • les mêmes que le chercheur,
    • différents mais compatibles avec ceux du chercheur ?
    • concurrentiels avec ceux du chercheur
  • Quels rapports institutionnels et personnels (symétrie/asymétrie) chercheur/participants ? Y a-t-il des participants « captifs » (élèves) ?
  • Quel est le passé du chercheur dans ce métier ? Quelle proximité avec le contexte, la discipline et le métier des participants ?

PENDANT

  • Comment protéger les participants (pour qu’ils ne soient pas en difficulté ni dévalorisés)
  • Quel matériel ? Quelle progressivité dans le processus d’intrusion du chercheur dans le contexte ?
  • Comment on entretient ou on renforce l’intérêt des participants (bénéfices perçus) ?
  • Quelle distance établir avec les participants (réponse à leurs besoins, adhésion à leurs valeurs, …)
  • Quel importance accorder à la réaction des participants aux analyses inattendues

APRES

  • A quoi (qui) sert la recherche engagée ? Quelle destinée des traces des recueils (vidéo, audio, écrites ?) ?
  • Quelle publication des résultats ? Anonymat de l’institution, des personnes ?
  • Comment on fait un retour aux participants ?
  • Est-ce qu’on les associe à des présentations ?

 

Jacques Méard

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *