Pourquoi un 4ecolloque ?

Le but du 4ecolloque des didactiques disciplinaires était de profiter de la situation particulière suisse d’être en contact avec deux cultures scientifiques ayant une histoire, des concepts, des problématiques et des pratiques partiellement différentes et de mettre ces cultures en dialogue. Il s’agissait donc d’une part, après les trois colloques précédents, de faire le point sur l’état des recherches didactiques en Suisse, en lien notamment aussi avec le programme national « Développement des compétences scientifiques en didactiques des disciplines » financés par la Confédération, en mettant systématiquement en rapport des travaux provenant des deux (voir parfois trois) cultures francophones et germanophones. Pour ce faire des conférences se référant à l’une ou l’autre des cultures étaient programmées, les symposia comprenaient systématiquement des contributions venant des deux cultures avec le powerpoint dans une autre langue que celle de la présentation orale, les présentations des poster étant organisées selon le même principe. Un accent fort a été mis sur la participation des doctorants dont une partie est soutenue par le programme national. Par ailleurs, il s’agissait aussi de débattre de l’état et du développement des différents domaines didactiques.

Ce qui s’est passé durant le colloque

La conférence a eu lieu sur deux jours, vendredi et samedi matin 5 et 6 avril avec 243 participants, moitié francophones et moitié germanophone. La grande majorité a suivi le colloque sur les deux jours.

43 poster ont été présentés : un beau succès. Le 2Cr2D a financé 4 prix à 500.- CHF pour les deux meilleurs posters venant de la Suisse alémanique et de la Suisse romande (voir l’article à ce propos). Malheureusement, pour des raisons de logistique de la HEP Vaud, il n’a pas été possible de présenter les posters en tant que tels dans les workshop. 44 contributions ont été présentées dans 19 symposia. La règle du bilinguisme des présentations était en principe respectée, avec cependant malheureusement trop d’exceptions. Le samedi matin, des workshops réfléchissaient de manière plus générale sur l’état et les possibilités des domaines didactiques (sciences naturelles et technologie, langues, histoire, sport, arts et Natur, Mensch, Gesellschaft (NMG), un ensemble de disciplines spécifique du Lehrplan21 pour l’école primaire, inexistant en Suisse romande).

La documentation du colloque est accessibles sur https://www.swissuniversities.ch/fr/themes/recherche/didactique-disciplinaire/colloque-didactiques-disciplinaires/

Eléments d’évaluation

Tentons un bilan. Le colloque a permis de se faire une bonne idée des recherches actuellement menées en didactique disciplinaire en Suisse. Tous les domaines étaient représentés par plusieurs contributions, provenant quasiment toujours des deux cultures didactiques. Les discussions, certes souvent trop courtes étant donné le temps à disposition, étaient constructives, parfois vives.

L’existence du colloque national en didactique disciplinaire dans un rythme bisannuel semble répondre à un besoin. Il permet notamment aussi de mettre en contact des cultures qui se connaissent souvent peu au delà de la frontière linguistique : l’effort doit continuer à ce propos. L’accent mis sur la relève, plus particulièrement les doctorants, est essentiel : il s’agit de créer une communauté scientifique dès le début de l’entrée dans le métier de chercheur en didactique.  Il semblerait également que la réflexion plus générale, structurelle sur le développement du champ scientifique de la didactique disciplinaire, notamment au niveau des différents domaines, soit bienvenue, voire nécessaire. C’est aussi un lieu où les cultures peuvent se rencontrer et se développer activement.

Notons toutefois que l’absence d’un call for papers, remplacé par un choix de contributions par les directions des hautes écoles, a été quasi unanimement critiquée. La recherche doit rester un domaine géré par les chercheurs eux-mêmes, de manière autonome, selon des principes du peer reviewing. Par ailleurs, si l’idée des symposium avec des participants provenant des deux cultures didactiques a été saluée, le fait que la condition de présentation bilingue (powerpoint dans une autre langue que la présentation orale) n’ait pas toujours été respectée a posé problème. Il faudra trouver une manière de garantir cette condition. Et, étant donné l’accent à mettre sur la relève, il paraît absolument nécessaire de garantir la possibilité de présenter les posters en tant que tels, de pouvoir les lire et discuter en profondeur.

Et l’avenir ?

Le comité de programme du 4ecolloque a élaboré une prise de position quant à l’avenir, à l’attention de la chambre des HEP. Il a clairement exprimé le vœu qu’on organise à nouveau un colloque dans deux ans, à savoir en 2021, avec une durée de 1.5 à deux jours. Ce colloque montrerait l’état de la recherche, mettrait encore plus l’accent sur les travaux de la relève, essayerait de mettre en contact les deux cultures scientifiques, et fonctionnerait avec un call for papers. Parallèlement, des discussions de questions structurelles concernant l’état et le développement du champ scientifique s’avèrent nécessaires.

De manière plus générale se pose la question de pérenniser ce colloque suisse des didactiques disciplinaires. Ceci pose immédiatement la question de savoir qui le porte. Ceci peut encore être la chambre HEP et swissuniversities étant donné qu’une sorte de prolongation du programme national est envisageable. Mais à terme, ce sont les associations des didacticiens et plus particulièrement la Conférence faîtière des didactiques des disciplines en Suisse (COFADIS) qui sont appelées à prendre en charge l’organisation de cette manifestation. La COFADIS sera plus fortement sollicitée pour le congrès de 2021. Affaire à suivre donc…

 

Bernard Schneuwly

 

 

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