C’est un riche programme auquel nous ont convié les organisatrices et organisateurs de cette 2journée romande des didactiques des SHS à Saint-Maurice. Placée sous le thème « Penser les SHS pour « la génération Z »… et au-delà ? », la journée s’est déroulée au rythme de quatre conférences le matin, de deux ateliers et d’une table ronde l’après-midi, avec la possibilité durant les pauses de visiter une exposition et de tester deux dispositifs de réalité augmentée. Outre la diversité et l’intérêt des aperçus proposés, nous saluerons le soin pris par Amalia Terzidis, initiatrice de la journée, à partager avec la communauté des didacticien·ne·s romand·e·s des ressources précieuses en lien avec les thématiques abordées (dont ce texte de cadrage).

 

Voir le programme et le résumé des interventions

 

La journée a été très stimulante sur le plan des réflexions. Comme il est apparu dans les discussions, les caractéristiques présentées à propos des élèves d’aujourd’hui corroborent des observations faites également à propos de nos étudiant·e·s en formation. On se demandera cependant si le fossé entre la génération « Z » et le monde des adultes est aussi grand que décrit (les technologies ne sont-elles pas aussi en train de transformer en profondeur les pratiques des adultes ? Qu’est-ce qui relève de l’adolescence en général et de l’adolescent·e « Z » en particulier ?). On peut aussi discuter de l’intérêt politique, social et éducationnel qu’il y a à penser les relations entre les générations de manière clivante. Par ailleurs, lorsqu’il est question du futur ou des futurs (Facer et Standford, 2010), on s’interrogera sur le bien-fondé de discours déterministes dans lesquels les actrices et acteurs n’ont pas de marge d’action, renforçant ainsi l’effet de sidération qu’exercent sur nous les objets techniques (Dubey & Jouvancourt, 2018) et possiblement notre docilité face au « solutionnisme » technologique. Au-delà des questions politiques que soulève la prise en compte du numérique à l’école, les mutations sociétales actuelles ont bien sûr aussi des implications sur les stratégies didactiques mises en œuvre dans le domaine des SHS. Comme l’ont très bien relevé les intervenant·e·s de la journée, plusieurs dimensions sont concernées : les contenus et compétences à privilégier dans le cadre des disciplines des SHS en lien avec ces mutations ; les rapports au savoir (quel savoir fait autorité ? Celui de l’enseignant·e ? Du savant ? De l’expert ? Du youtubeur ?) ; la place accordée à la créativité ; les modalités d’apprentissage à privilégier ou à développer dans le domaine des SHS dans un contexte où l’information abonde voire nous submerge ; le type d’élève ou d’étudiant·e que nous souhaitons former (un·e consommatrice/teur, un·e exécutant·e, un·e citoyen·ne, un·e créatrice·teur, un·e auteur·e ?). Autant de problématiques que cette journée a permis d’aborder de manière créative et constructive.

 

Nicole Durisch Gauthier

 

Facer K. et Stansford, R. (2010). The next 25 years? Future scenarios and future directions for education and technology. Journal of Computer Assisted Learning, 26,1, 74-93.

Dubey, G. et de Jouvancourt, P. (2018). Mauvais temps. Anthropocène et numérisation du monde. France : Dehors.

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